Henri GUILLAUMET - Héro de l'Aéropostale (1902-1940)

Henri GUILLAUMET fut l’un des aviateurs français les plus célèbres de l’entre-deux-guerres. Il naît le 29 mai 1902 à Bouy, près de Châlons-en-Champagne. Dès l’âge de 18 ans, il révèle un moral d’acier et une grande endurance physique. Passionné par l’aviation, il devient pilote de chasse dans l’armée de l’air et participe, aux côtés de Jean Mermoz, à la campagne de Syrie.

Après sa démobilisation, il obtient son brevet de transport public et rejoint la société Latécoère. Accueilli froidement par Didier Daurat, chef de la Ligne, il doit d’abord passer par les ateliers avec Mermoz, Reine et Saint-Exupéry, où il apprend la mécanique aéronautique (nettoyage de cylindres, démontage et remontage de moteurs). Ce n’est qu’ensuite qu’on lui confie un avion. La devise de la Ligne est sans équivoque :
« Il importait de passer, de porter le courrier, quels que soient les risques, les sacrifices, les deuils… »
En 1926, GUILLAUMET est affecté à la ligne difficile Casablanca–Dakar. En 1930, il rejoint l’Aéropostale d’Amérique du Sud et se charge des traversées de la Cordillère des Andes, à plus de 6 500 mètres d’altitude.

Le 13 juin 1930, lors de sa 92ᵉ traversée à bord d’un Potez 25 immatriculé F-AJDZ (n° 1522), il est contraint à un atterrissage forcé à 3 000 m d’altitude aux abords de la Laguna del Diamante en Argentine. L’avion se retourne au roulage. Il survit à l’accident et parcourt, à pied et dans la neige, des dizaines de kilomètres pour ramener le courrier dans la vallée et atteindre la civilisation. Antoine de Saint-Exupéry, venu le récupérer, rapporte dans Terre des hommes cette phrase devenue légendaire :
« Ce que j’ai fait, je te le jure, jamais aucune bête ne l’aurait fait. »

Au cours de sa carrière, GUILLAUMET effectue plus de 400 traversées des Andes. Entré chez Air France, il réalise de nombreuses missions transatlantiques. Il effectue sa première traversée de l’Atlantique Sud à bord de l’Arc en Ciel avec Mermoz et, entre 1934 et 1936, franchit cet océan 31 fois. Il est aussi le premier pilote français de ligne à voler sur l’Atlantique Nord. Le 6 mai 1939, il prend les commandes du Laté 521 Lieutenant de vaisseau Paris en tant que chef de bord. Entre août 1938 et juillet 1939, il traverse dix fois l’Atlantique Nord.

En septembre 1939, la Seconde Guerre mondiale éclate. Le 17 novembre 1940, à 12h06, il décolle pour Tunis à bord d’un Farman d’Air France, appareil non armé. À mi-chemin entre la Sardaigne et la côte africaine, son avion est mitraillé par un chasseur ennemi et s’abîme en mer Méditerranée, entraînant la mort de tout l’équipage.

Au moment de sa disparition, Henri GUILLAUMET totalisait plus de 12 000 heures de vol et plusieurs millions de kilomètres parcourus l’équivalent de 25 à 30 tours du monde, ou trois à quatre fois la distance Terre–Lune. Michel Détroyat dira de lui (Extraits du livre de Roland Tessier) :
« Comme Guynemer, comme Mermoz, tu as eu, au fond, la fin de carrière que tu désirais… Tu nous as quittés en plein ciel de gloire, en pleine guerre… La mort, avec ton équipage, au cours d’une mission pacifique, sur un avion de France, est belle. Ton nom y sera inscrit, comme il l’était déjà dans l’aviation. »
Véritable légende de l’Aéropostale, Henri GUILLAUMET incarne, par son courage, sa persévérance et son sens du devoir, l’esprit pionnier de l’aviation française.
Annexes:


